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Sans colorant ni conservateur“, “Recharge écologique“, mais quand on regarde la liste des ingrédients, c’est truffé d’aluminium, de PEG et parfums de synthèse… “Respecte la nature”, Prend soin de votre santé”, mais l’emballage à lui seul n’est ni recyclé, ni recyclable, et imbibé de substances polluantes (les colles, le plastique, les encres)…

Ce billet pour rappeler à vos mémoires ce qui est dit régulièrement ici, mais qu’il ne faut pas oublier une fois la page fermée. Pour réaliser qu’on est complètement manipulés par la pub ET par les fabricants. Pour vous aider à vous familiariser avec leurs odieux tours de passe-passe, leurs mensonges tout verts et couverts de belles fleurs aux parfums synthétiques. Pour dire une bonne fois pour toute :”Cessez de me prendre pour un con-fini, merci !”

Après la seconde guerre mondiale, la publicité était plutôt considérée comme un facteur de progrès matériel. Promotion d’aliments en conserve, d’accessoires ménagers, d’automobiles… Tout ceci vu comme facilitant la vie quotidienne, des femmes en particulier (pas faux !). Le rôle progressiste dans les moeurs  de la publicité est venu ensuite, dans les années 70-80. À cette époque, certaines campagnes diffusées à la télé ont bousculé les habitudes et les idées reçues.. Les spots Dim, Wrangler, Hollywood Chewing-gum, Éram ou Tickets choc de la RATP ont contribué à leur façon à libérer les moeurs, à l’émancipation de la jeunesse, des femmes. Elles ont valorisé la créativité, la séduction et l’humour.

La pub a t-elle changé ? Et bien non et le problème est bien là… Hormis une réalisation technique plus avancée, l’analyse des campagnes actuelles montre que la Publicité continue à prôner sur le même ton des achats  d’impulsion et de divertissement, au moment justement où le monde pâtit de la CONSOMMATION IRRESPONSABLE !!! Logique de nous rebattre les oreilles avec le grenelle de l’environnement, la directive REACH et le protocole de Kyoto quand la télé matraque à toute heure des offres pour partir au bout du monde le temps d’un week-end, pour rouler en 4×4 et remplir son panier de produits aspergés de pesticides, quand ce n’est pas pour s’asperger soi-même de cosmétique douteuse et polluante ????

La pub promet, cache, nous fait culpabiliser, ment, manipule… depuis toujours, certes, mais quand il s’agit de d’écoblanchiment, de greenwashing, je bondis !

Et il ne s’agit pas que de la pub hein, j’en ai (malheureusement) bien conscience. Les fabricants sont tout autant à pointer du doigt. Aucun scrupule à toujours plus gaspiller pour se faire davantage de fric, ils n’en ont absolument rien à foutre que la génération de nos enfants n’aura peut-être même plus la chance de donner la vie à son tour…  Quand on voit l’allure à laquelle les ressources s’épuisent versus le temps qu’il leur faut pour se régénérer ; que les problèmes de fertilité ne touchent pas que la terre à cultiver mais bien les êtres vivants, végétaux, animaux, HUMAINS ! Le taux de stérilité ne cesse d’augmenter, chez l’homme et la femme, et tout pointe du doigt notre mode de vie actuel… Les grands génies de la consommation s’en foutent éperdument… ce qui compte c’est le profit, et leur vie présente… pas celle des autres, pas l’avenir…

Bref des exemples de produits écoblanchis :

  • Le Minicactus de Minicactus.fr

Un minicactus est une plante conditionnée dans une capsule transportable partout avec vous…” Tel est le leitmotiv du site internet minicactus.fr qui vient tout juste d’ouvrir ses filets sur la grande toile. La société bordelaise, qui affirme être “tendance et écologique“, ne lésine pas sur les arguments bidons. Ces plantes sont “une part de nature que vous emmenez partout…” Un comble, quand on sait que ces malheureux cactus sont enfermés dans une capsule en plastique de 4 cm de hauteur sur 1,5 cm de largeur et qu’ils prennent racine dans une mousse synthétique. Et lorsque l’on interroge les concepteurs sur ce qu’ils entendent par “écologique”, ils répondent sans ciller : “une plante de compagnie éveille la curiosité des plus jeunes pour la nature et qu’y a-t-il de plus écolo que de voir grandir une plante, d’en prendre soin, et de la replanter  ?”

  • Les sucrettes vitalités du Laboratoire Galénique Vernin

Ces laboratoires ont sorti les sucrettes vitalité : “un édulcorant à prendre en cure comme un complément alimentaire, enrichi en vitamines C, B1 et B12, nécessaires pour libérer l’énergie produite par notre métabolisme.” Les dosettes, (en format individuel en plus, donc encore plus d’emballage) sont à base de saccharine, un édulcorant 300 à 400 fois plus puissant que le sucre mais sans l’ombre d’une calorie. Le problème, c’est que la saccharine, tout comme l’aparthame, est fortement décriée. Considérées comme cancérogène, elle a été interdite de séjour au Canada à la fin des années 70. Alors, vraiment, présenter ces sucrettes comme compléments alimentaires garants de notre bien-être et de notre santé, et les vendre en pharmacie, il fallait oser !!!

  • Les éponges et chiffons de Scoth-Brite

La nature au quotidien“, tel est le slogan de Scoth-Brite pour le lancement de sa nouvelle gamme de deux éponges, et d’un chiffon en “fibres naturelles”. Sous prétexte que les fibres sont en bambou et coton, la marque de produits ménagers se targue de faire de l’écologie. Mais seul l’emballage est vert. Le coton utilisé n’est pas bio, ce qui signifie que sa culture a requis beaucoup d’eau et déversé une quantité de pesticides dans la nature. Quant au bambou, certes il pousse vite et nécessite quatre fois moins d’eau que le coton. Il n’en demeure pas moins que les procédés de transformation de la pâte en fil à tisser nécessitent le recours à la chimie dans 95% des cas. Las ! En matière de respect de l’environnement, Scotch-Brite va devoir revoir sa copie !

  • Les cartes de la Société Générale

Ti veux ine bonne conscience ? Pas di problème, ti vas à la Société générale et ti t’achètes ta bonne conscience… La banque a instauré un partenariat avec de nombreuses associations comme la Croix-Gouge française, l’Institut Pasteur, l’Association des paralysés de France ou encore l’UNAPEI. C’est on ne peut plus simple : chaque fois que tu passes à la caisse avec une des cartes au logo de l’assoce que t’as choisie, la banque promet de reverser 5 centimes à ladite association. Généreuse initiative , hein ? Ouais, plutôt une savante manipulation mathématique. Ces cartes sont facturées 12 euros de plus qu’une Visa classique. Or, en 2007, les Français ont en moyenne effectué 110 paiements par carte et par an. Le calcul est donc vite fait. Sur les 12 euros versés par le client, 5,5 € vont à l’association et la banque empoche les 6,5 € restant ! Mieux vaut envoyer un chèque de 12 € directement à l’association.

  • Le salon de l’automobile a convaincu des milliers de visiteurs que conduire une voiture, c’était écolo !! Le crédo n’est pas de conduire moins mais de conduire “mieux”… Sous prétexte que tel modèle a nécessité moins de plastique que les autres pour sa confection, que celui-ci consomme 0,3/100 litres de moins que ses voisins, que cette merveille  t’aide à maintenir une vitesse constante et donc : moins d’accélération, moins de pollution ! Que même, quand tu freines, ça “enregistre” ça donne de l’énergie à ta voiture qui l’emmagasine et la restituera plus tard pour que t’économises du carburant et/ou de la batterie… SUPER ! Merci aux constructeurs automobiles qui se soucient si bien de la planète…

Pour plus d’informations :

- Site de l’ARPP : http://www.arpp-pub.org/

- Site de l’OIP : http://observatoiredelapublicite.fr/

- Site du collectif des “publicitaires éco-socio-innovants” : http://publicitairesvsecoblanchiment.ning.com/

Quand j’ai eu le courage d’écrire

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