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Mon Garice est incroyable !! En plus de s’exprimer bien mieux que certains adultes (monsieur fait des phrases parfaites avec les subjonctifs, les pronoms relatifs adequats, les compléments circonstanciels divers, des comparaisons…), il a fait hier son premier dessin représentatif, absolument tout seul ! Je veux dire que je n’ai même pas positionné la pointe du feutre sur la feuille, j’étais assise sur le canapé alors que lui était debout plus loin devant moi, qu’en plus c’était sur un tableau vertical et non pas une feuille posée horizontalement sur une table… bref, je suis époustouflée ! 3 ans et 2 mois…
Partie de rigolade (et tranchettes d’exaspération aussi, il faut l’avouer), on a mangé des glaces hier soir…
L’un paraît tout à fait à l’aise au début (notez bien la serviette, la table, le sopalin) :
Tandis que l’autre adopte une technique quelque peu… expérimentatrice :
Le résultat à la fin, c’est que la glace de Cylian n’a pas coulé. Pas une seule goutte sur les doigts, ni dans la serviette ! Bon, un petit museau à débarbouiller, normal !
Par contre… Le père Garice en a tellement foutu de partout, nan excusez le terme mais c’est vraiment ça, que je ne l’ai même pas pris en photo tellement ça nous a mis les nerfs ; il a réussi à faire tomber son cornet sur lui, alors qu’il a une grande serviette-récupératrice ; il a cassé le bout d’en bas, ce qui fait que la glace coulait… sauf qu’il ne gardait jamais sa main au-dessus de la table et du sopalin. Non, non, ça aurait été trop simple ! La glace se trouvait bizarrement TOUJOURS au-dessus du pantalon ou au-dessus du tapis… ça a même coulé sur ses bras, des doigts jusqu’au coude, en passant pas le poignet qui s’essuie sur le tee-shirt… Hum, je n’ai pas pris de photo du coup.
On ne peut pas être champion dans tous les domaines !!
Bon ça va, d’autres jours, il mange super bien, même sans serviette, ouf !
Vous avais-je dit que lorsqu’il était parti chez Papy + et Mamie Fan, il avait eu droit à une balade à vélo ?
Bon et enfin pour finir, Garice sur la terrasse de St Martin en juillet 2006, et Cylian sur la terrasse de St Martin en avril 2008 :
Interview par Anne-Sophie Michat, publiée dans "Quelle santé" n°27 - mai 2008 -
Condamnée en janvier dernier pour commercialisation de semences illégales, l’association Kokopelli continue de crier haut et fort sa volonté de défendre la biodiversité. Pour Raoul Jacquin, responsable de la communication de Kokopelli et bras droit du fondateur Dominique Guillet, c’est l’unique moyen d’assurer notre souveraineté alimentaire alors que la menace OGM gronde et que le catalogue officiel est monopolisé par des semences hybrides non reproductibles.
Quelle Santé Votre association vient d’être condamnée pour commercialisation de semences illégales. Une surprise ou un verdict attendu ?
Raoul Jacquin La véritable surprise aurait été que nous ne soyons pas condamnés. Une fois encore, par ce procès, l’État français a prouvé qu’il souhaitait nous maintenir dans l’illégalité. La seule différence entre la plupart des semences inscrites dans le catalogue officiel et les nôtres réside dans le fait que nos semences sont reproductibles. L’État, sous la pression des lobbies, fait donc tout ce qu’il peut pour rendre leur commercialisation compliquée au profit des semences hybrides de type 1. Des semences qui doivent être rachetées chaque année et qui composent aujourd’hui la majorité de celles inscrites dans le catalogue officiel.
Q.S. Kokopelli a-t-elle les moyens de s’acquitter des pénalités infligées ?
R.J. Techniquement nous avons les moyens financiers de régler ces amendes qui s’élèvent tout de même à 12 000 et 23 000 euros mais cela va se faire au détriment de nos actions et de nos recherches qui sont onéreuses. Résultat, cette année nous ne multiplierons qu’une vingtaine de variétés de maïs au lieu de la soixantaine prévue.
Q.S. Allez-vous devenir un habitué des prétoires ou trouver une solution pour entrer dans la légalité ?
R.J. Un autre procès signerait l’arrêt de mort de Kokopelli. Pour entrer dans la légalité, la seule solution serait d’inscrire nos variétés dans le registre amateur du catalogue officiel des espèces et variétés. C’est-à-dire payer un droit d’entrée pour chaque semence et prouver que chacune d’entre elles est vieille de plus de vingt ans. Or nous possédons plus de deux milles semences, nous n’avons donc ni les moyens financiers de les inscrire ni ceux de prouver leur âge comme c’est exigé ! D’autant plus que certaines variétés sont «sans papiers» car cultivées par des particuliers depuis des générations.
Q.S. La solution viendrait-elle de l’Europe ?
R.J. Incontestablement. Voilà pourquoi nous nous battons pour la création d’un répertoire de l’existant comme le permet la directive européenne 98/95 qui préconise la création d’une liste de conservation des semences en risque d’érosion génétique dans laquelle l’inscription doit être libre, gratuite et facultative. Nous attendons beaucoup de la réglementation européenne. Des pays comme l’Espagne, l’Italie, la Suisse, la Belgique ou l’Autriche soutiennent nos actions.
Q.S. Qui achète vos semences ?
R.J. Nos adhérents viennent de tous les horizons. Nous avons des RMIstes, des directeurs d’entreprise, des payasans, des maraîchers, de grands restaurants comme celui d’Alain Passard mais aussi des collectivités territoriales ou encore la mairie de Paris ! C’est d’ailleurs là tout le paradoxe : des institutions publiques se fournissent chez nous, nous sommes hébergés par l’État dans le parc national de Verdon et pourtant notre activité est illégale !
Q.S. Comment vous procurez-vous ces espèces rares ?
R.J. Nous avons commencé en utilisant ce qui restait de la collection de Terre de Semences, puis nous l’avons enrichie petit à petit. Nous avons des échanges avec des collectionneurs du monde entier. Et très régulièrement des particuliers nous font cadeau de semences, comme ce fut le cas récemment au salon Vivre autrement, où un homme m’a apporté les graines d’un haricot que sa grand-mère cultivait.
Q.S. Vous fustigez les chimères génétiques. De quoi s’agit-il ?
R.J. Ce sont tout simplement des OGM. Si la nature accomplit des croisements entre les espèces, elle n’a jamais introduit de poison dans ses plantes ou réalisé d’hybridation contre nature comme le font aujourd’hui les industriels. Pour nous, ces plantes sont donc des chimères… C’est comme s’ils croisaient du flétan de l’arctique avec des fraises pour qu’elles résistent mieux au froid, ou des méduses avec des pommes de terre pour qu’elles deviennent phosphorescentes quand elles ont soif.
Q.S. Les OGM sont-ils plus dangereux que les pesticides ?
R.J. Je ne suis pas médecin, donc je ne me prononcerai pas sur l’aspect sanitaire. En revanche je suis alarmée par ces cultures car c’est une main-mise sur le vivant qui nous mène droit dans le mur. Quant aus pesticides, il faut savoir que dans un champs de maïs BT, il y a 100 000 fois plus d’insecticides par hectare que si on avait aspergé les cultures avec des fongicides. Non seulement ces insecticides polluent mais de plus ils ne sont plus efficaces depuis bien longtemps car les insectes ont muté.
Q.S. Combien de temps nous donnez-vous pour mettre la biodiversité en danger si nous continuons à ce rythme ?
R.J. C’est déjà trop tard… Aujourd’hui nous sommes à l’évidence en situation d’insécurité alimentaire. L’alimentation des générations futures est loin d’être assurée. Quand je regarde un enfant, je le fais avec appréhension car su nous laissons passer ces lois iniques comme celle sur les OGM, nous n’aurons plus la possibilité de leur transmettre ce patrimoine qui pourra assurer leur souveraineté alimentaire.
Q.S. Que reste-t-il de la biodiversité ?
R.J. En se penchant sur le catalogue officiel français, on s’aperçoit que 95% de la biodiversité cultivée en France a disparu en un siècle. Le constat est similaire au niveau mondial. Certains vous répondront que c’est faux car il y a beaucoup plus de semences référencées aujourd’hui qu’au début du XXè siècle. Seulement, il ne s’agit que de clones. Les 430 espèces de tomates inscrites aujourd’hui au catalogue officiel sont toutes rondes et rouges. Il n’y a en réalité qu’une dizaine de variétés. Au début du siècle, les 80 variétés de tomates avaient des textures, des saveurs, des formes, des couleurs, des volumes bien distincts.
Q.S. Quelles en seront les conséquences pour l’homme et la planète ?
R.J. La famine. Alors que nous devrions avoir au moins 52 jours de réserve, nous en avons à peine 18, et ave les nécro-carburants cela empire. La FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) est alarmiste et elle a reconnu dans un texte daté de mai 2007 que seule l’agriculture biologique et les semences reproductibles comme celles que nous distribuons sont à m^zmz de relever le défi et de permettre aux futures générations de se nourrir.
Q.S. Que vous inspirent les propositions du Grenelle concernant la biodiversité ?
R.J. Il y a eu des propositions ? (rires) Nous avons décidé de boycotter l’événement dès le départ et nous avons essayé de convaincre d’autres associations comme Greenpeace de faire de même car nous savions que nous allions être roulés dans la farine. Le Sénat et l’Assemblée nationale sont en train de démantibuler le très peu d’acquis qu’il y a eu. C’est un coup d’épée dans l’eau. Aujourd’hui, pour préserver la biodiversité cultivée, il y faudrait imposer deux mesures deux phares : obtenir un répertoire de l’existant et abandonner la culture des OGM de façon ferme et définitive.
Q.S. Quelles sont les mesures prises au niveau mondial à ce sujet ?
R.J. Les instances internationales ne prennent aucune disposition. Il y a néanmoins quelques soubresauts
nationaux. C’est le cas de l’Inde qui prend en ce moment conscience de l’importance de la culture biologique, mais aussi de l’Autriche où 18% de la surface agricole est biologique, ou de la Toscane où la directive européenne est mise en place 98/95 mais où malheureusement, rien n’est structuré.
Q.S. Existe-til des associations similaires à la vôtre en Europe ou en outre-Atlantique ?
R.J. Il en existe beaucoup tout autour du monde : Seeds Savers agit notamment aux États-Unis, au Canada et en Australie ; de leur côté, Red de Semillas et ProSpecieRara sont très actifs en Europe. Ensemble, nous avançons main dans la main. Et régulièrement nous troquons des semences avec eux…


















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