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Garice a pleuré tout le long de la nuit de samedi à dimanche, en se plaignant de son oreille. Je n’ai donc pu me reposer de ma soirée au château… Le médecin de garde est venu dimanche à 15h30, a diagnostiqué une otite bien inflammée, touchant tout le circuit ORL. Au tour de Garice de prendre son premier antibiotique de sa vie. Il a le nez complètement bouché, tousse beaucoup, et sa fièvre est assez persistante.
La nuit de dimanche est un peu plus calme, mais le sommeil se fait en pointillé ; Cylian se réveille plusieurs fois en pleurant, en alternant avec les gémissements de Garice…
Lundi. Garice ne va naturellement pas à l’école. Cylian a le nez qui coule énormément, ça ne l’empêche pas d’aller chez sa nounou. Je suis cloitrée à la maison avec Garice, sous conseil du médecin.
Nous récupérons, le soir, un Cylian tout fiévreux (39.5° de fièvre dans l’après-midi). Il est bien amorphe, Garice va mieux.
Je couche Cylian qui a 40,1° de fièvre, puis Garice peu après.
Peu avant 1 heure du matin, Cylian pleure. Il est brûlant. Nous le mettons en couche, dans notre lit. Il alterne un quart-d’heure de “sommeil” avec une demi-heure de cris perçants, en se cambrant… Nous passons tous les trois dans le salon, histoire de ne pas risquer de réveiller Garice. Cylian n’est pas vraiment plus enclin à s’endormir dans le salon… Vers 4 h, je me décide à le recoucher dans son lit, et je m’installe à côté de lui, avec une BD, car il hurle si je quitte la pièce. Il s’endort mais se retourne brusquement en pleurant. Ma main passée à travers les barreaux du lit lui permet de se calmer petit-à-petit, et de se rendormir au moins un petit quart-d’heure… Cela dure jusqu’à 4h40. Il finit par s’endormir pour de bon. Je rejoins Cédric qui s’était déjà recouché. Je m’endors au bout d’une dizaine de minutes… quand les pleurs de Cylian recommencent. Je décide de me coucher dans la chambre des enfants, au moins pour laisser le peu d’heures de sommeil (on peut les compter sur 2 doigts et demi de la main) qu’il reste à Garice et Cédric.
Et c’est Garice, frais comme un poisson pané, qui nous réveille tous en réclamant son bibi.
Je garde donc, en ce mardi, mes deux petits garçons malades à la maison, sans sortir. Les fièvres sont tombées, définitivement. Je mouche à tour de fioles de sérum physiologiques ces petits nez malmenés, toute la journée.
Garice empêche son frère de dormir, l’après-midi (et m’empêche moi aussi de faire la sieste par la même occasion). Sans que je ne le sache, il allume la lampe de chevet, s’empare d’un tube de granules, grimpe dans le lit de Cylian, et… j’entends des rires. Je vais dans la chambre, m’attendant à trouver Garice à côté du lit de Cylian, en train de lui passer des voitures, girafes ou autres balles de jeu. Mais je découvre en entrant dans la pièce doucement allumée qu’en fait, ils sont assis face à face, les jambes de l’un sur celles de l’autre, en train de se donner mutuellement des trucs dans la bouche. Je flippe, je m’écrie : mais qu’est-ce que vous mangez ?!?!?! Cylian me regarde avec un grand sourire, Garice me montre, mi-victorieux, mi-apeuré de se faire grondé, un tube de granules… qui a été vidé entre leurs jambes, et chacun en prend une pour la mettre dans la bouche grande ouverte de celle de son frère.
Je les ai grondés. Très fort. Garice a pleuré. Je les ai recouchés. Ils ont pleuré en choeur pendant un bref instant, avant de finalement se laisser aller dans les bras de Morphée.
Mais maintenant, je peux vous le dire. Je me suis vraiment fait violence pour ne pas sourire devant eux. Pour ne pas courir chercher la caméra, et les filmer dans ce moment super complice.
Ils savaient qu’ils faisaient une bêtise. Garice encore plus que Cylian. Mais ils bravaient les lois ensemble, ils s’amusaient ensemble, ils partageaient un truc qu’ils adorent (petites boules rondes sucrées) ensemble, réunis pour commettre ce crime ô combien odieux : celui d’être frères

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